Propos sur mon travail.

 

Un jour que j'essayais de tracer un cercle à la main, une histoire m'est revenue : c'était celle d'un peintre qui grâce à une figure extrêmement simple et une maîtrise parfaite avait réussi à convaincre un pape (dans mon souvenir c'était un roi) de son immense talent. Il avait juste dessiné à main levée un cercle...parfait.

J'avais oublié qui était ce peintre, il s'agissait de Giotto.

J'essaye bien de faire la même chose (dessiner un cercle, pas convaincre un pape...), mais dans mon cas, que je sache exactement ce qu'est un cercle n'y change rien : impossible d'en tracer un...au mieux c'est un presque rond. Quelque chose m'empêche de réaliser ce cercle. Il y a des obstacles sur le chemin.

D'une certaine manière ma peinture est une cartographie de ces obstacles, une mise en lumière de ce qui opère une résistance.

Le cercle ; un simple caillou jeté dans une mare immobile en crée toute une série... une onde se forme et, sur les bords, l'onde se réfléchit. Lorsque je commence un tableau, c'est vraiment cette image qui me vient : une surface paisible, un coup de pinceau vient la faire « vibrer » et engendre une onde. Une fois réfléchie sur les bords du tableau, elle finit par créer une sorte de figure d'interférence.

Il se peut aussi que cette onde soit déjà présente dès le départ. Alors mon travail ressemblerait à celui d'une personne (un enfant) qui frottant la surface d'un papier avec un crayon révèlerait l'empreinte du bas relief (d'une pièce d'or) caché dessous.

Il me semble qu'avant je creusais la toile pour faire apparaître une image dessus, maintenant je crois que j'empile des couches pour découvrir la profondeur de ce qu'il y a derrière.

Quelques travaux anciens :

Jean-François RAYMOND, 2013